* Vivendi renonce 2 ans et demi après son entrée surprise
* Le groupe empoche au passage une plus-value de €1,2 md
* Tencent et Ontario Teachers' entrent au capital
* Ubisoft conclut un accord stratégique avec Tencent
(Actualisé avec précisions supplémentaires)
PARIS, 20 mars (Reuters) - Vivendi VIV.PA va céder ses
parts dans Ubisoft UBIP.PA pour un total de deux milliards
d'euros, après avoir échoué à faire plier la famille fondatrice
du spécialiste français des jeux vidéos.
L'annonce mardi d'un accord entre Vivendi et la famille
Guillemot solde le bras de fer engagé depuis octobre 2015 avec
l'entrée surprise du groupe de médias et de divertissement au
capital de l'éditeur des Lapins Crétins et Assassin's Creed.
Il s’agit d’une défaite pour Vincent Bolloré, président du
conseil et actionnaire de contrôle de Vivendi, qui veut
constituer autour des jeux vidéos une nouvelle branche
d’activités aux côtés de la musique et des médias.
Le milliardaire réussit toutefois une belle opération
financière, la transaction devant se solder par une plus-value
de l'ordre de 1,2 milliard d’euros.
Aux termes de l'accord annoncé, le chinois Tencent 0700.HK
et le régime de retraite des enseignants de l'Ontario (Ontario
Teachers’Pension Plan) - actionnaire de Google GOOGL.O , Sony
6758.T ou Facebook FB.O - entreront au capital d'Ubisoft à
hauteur de 5,0% et 3,4% respectivement.
L'éditeur français a en parallèle conclu avec Tencent un
partenariat stratégique qui lui permettra d'étendre la portée de
ses franchises en Chine.
Ubisoft et les frères Guillemot rachèteront pour leur part
8,1% et 2,7% du capital, tandis que le solde de la participation
de Vivendi, soit 8,0%, sera cédé dans le cadre d'un placement
privé accéléré auprès d'investisseurs institutionnels.
Les opérations annoncées se feront toutes au prix de 66
euros par action.
"L'évolution de notre actionnariat est une excellente
nouvelle pour Ubisoft", a déclaré le PDG de l'éditeur, Yves
Guillemot, cité dans un communiqué.
"Le partenariat stratégique que nous avons signé nous
permettra d'accélérer dans les prochaines années notre
développement en Chine, et d'exploiter un marché dont le
potentiel est considérable", a-t-il ajouté.
UBISOFT S'ALLIE AVEC LE CHINOIS TENCENT
Le groupe de médias, qui avait déboursé près de 800 millions
d'euros pour devenir le premier actionnaire d'Ubisoft avec
27,27% de son capital, a fini par jeter l'éponge face à la
résistance que lui ont opposé depuis le début les Guillemot.
Dénonçant une tentative de prise de contrôle rampant, le PDG
d’Ubisoft Yves Guillemot est parvenu à fédérer autour de lui les
autres actionnaires de la société, en promettant notamment une
nette amélioration de la rentabilité.
Depuis le début de l’offensive de Vivendi, qui ne possédait
aucun représentant au conseil, l’action d’Ubisoft s’est envolée,
rendant très coûteuse une hypothétique OPA hostile du groupe de
médias.
Vivendi, déjà propriétaire de Gameloft, s'est engagé à ne
plus acquérir d'actions Ubisoft pendant une période de cinq ans.
La société "confirme son intention de renforcer sa présence
dans le secteur particulièrement dynamique des jeux vidéo qui
constitue une des pierres angulaires du développement du
groupe", a-t-il toutefois réaffirmé dans un communiqué.
Il s’agit d’un revers de plus pour le groupe de médias, qui
accumule également les déconvenues en Italie où il doit
désormais compter avec l’entrée de l’actionnaire activiste
Elliott Management au capital de l’opérateur télécoms Telecom
Italia TLIT.MI dont Vivendi est le premier actionnaire.
Ubisoft, qui a confirmé ses objectifs financiers pour les
exercices 2017-2018 et 2018-2019, estime de son côté que le
partenariat conclu avec Tencent lui permettra d'accélérer son
développement sur le marché chinois au cours des prochaines
années.
Ce partenariat prévoit que Tencent édite les jeux mobiles et
PC d'Ubisoft en Chine, le pays comptant plus de 500 millions de
joueurs.
"Tencent est le partenaire idéal par sa puissance et son
réseau social utilisé par un milliard de personnes par mois, il
va nous permettre d'augmenter significativement la visibilité de
nos franchises", a déclaré le directeur financier Alain Martinez
lors d'une conférence téléphonique.
La Chine représente déjà le sixième ou septième territoire
en termes de joueurs sur certains titres d'Ubisoft - Assassin's
Creed par exemple - alors même que les jeux en question n'y sont
pas officiellement autorisés, a-t-il dit.
Alain Martinez a aussi précisé que Vivendi avait fait
connaître à Ubisoft son intention de se désengager il y a
"quelques semaines, voire quelques mois".
Avant ces annonces, l'action Ubisoft a clôturé sur un cours
de 68,56 euros, en hausse de 7% environ depuis le début de
l'année, tandis que Vivendi a terminé à 21,40 euros (-4,6%
depuis début 2018).
Le communiqué d'Ubisoft :
http://bit.ly/2G0kpPu
Le communiqué de Vivendi :
http://bit.ly/2FOe4KK
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Le communiqué d'Ubisoft : http://bit.ly/2G0kpPu
Le communiqué de Vivendi : http://bit.ly/2FOe4KK
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(Benjamin Mallet, avec Gwenaëlle Barzic, édité par Cyril
Altmeyer)
Vincent Bolloré bat en retraite et renonce à Ubisoft
information fournie par Reuters 20/03/2018 à 22:06
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